Perdrix grise

Perdix perdix (L.)
oiseaux

La Perdrix grise est un oiseau trapu aux ailes courtes, larges et arrondies de la taille d’une poule naine. Elle paraît terne et brunâtre, ronde et courte sur pattes lorsqu’elle est vue à distance. En plumage nuptial, le mâle adulte présente un masque facial roux orangé avec le dessus de la tête brun roussâtre, le cou et la poitrine gris bleuté finement vermiculé. Le dessus du corps est gris brunâtre, le dos marqué de taches brun marron surtout au croupion. La queue, assez courte et légèrement arrondie, est rousse. Les flancs largement barrés de brun roux, les scapulaires marbrées de noir, brun et roussâtre avec des raies médianes crème, le ventre marqué d’un « fer à cheval » brun marron cerné de blanc. Court et épais, le bec est verdâtre, le cercle orbital gris avec un triangle rouge en arrière de l’oeil, les pattes gris-bleu.

Chez la femelle adulte, le front, les sourcils, la gorge et les joues sont plus pâles, le dessus de la tête avec de larges gouttelettes crème. Le dessus du cou et du corps est plus brun, le fer à cheval marron sur le ventre généralement peu marqué ou complètement absent. Le jeune a une coloration générale gris brun terne, ou gris noisette, allure d’ensemble d’une femelle adulte. Au printemps, les subadultes et les adultes, peuvent être distingués d’après l’extrémité de leurs rémiges (pointues chez les subadultes et arrondies chez les adultes). Chez les adultes la mue est complète entre début juillet et début août. Egalement complète chez les jeunes, elle s’étale jusqu’en septembre - novembre, parfois un peu plus tard.

La sous-espèce Perdix perdix hispaniensis présente sur la chaîne Pyrénéenne se distingue par un plumage plus sombre, plus de tâches noires sur la partie rousse de la queue, le fer à cheval plus foncé, le bec plus large, une réduction du dimorphisme sexuel et un poids plus léger. La Perdrix grise des Pyrénées se distingue génétiquement de celle de plaine par plusieurs allèles particuliers et par une plus grande diversité génétique. Longueur totale du corps : 29 à 31 cm. Poids : 350 à 460 g (300 à 375 g pour hispaniensis).

La Perdrix grise fréquente les terrains cultivés ouverts et les friches.
Elle court plus qu’elle ne vole, cherchant dans l’herbe de quoi se nourrir (graines, fruits, bourgeons, insectes, vers de terre...) et niche à même le sol.
La chasse de cette espèce est une tradition bien ancrée en Picardie.

très commun
Préoccupation mineure
La Perdrix grise vit en « compagnie », groupe familial ou regroupement d’oiseaux comptant en moyenne une douzaine d’individus de fin juin/début juillet (période des éclosions) jusqu’à une partie de l’hiver. Elle a des moeurs diurnes et crépusculaires. En été, l’activité des oiseaux commence dès l’aurore. Ses périodes d’activité liées essentiellement à la prise de nourriture occupent une partie de la matinée et quelques heures précédant le coucher du
soleil. La compagnie vit sur un domaine assez variable (de quelques hectares, à plus d’une centaine) dont elle connaît parfaitement les ressources, s’y déplaçant en maintenant une zone d’intolérance à l’égard des compagnies voisines qui exploitent une partie du même secteur. Dès la mi-janvier, sous l’effet du rallongement des jours et progressivement d’une hausse relative des températures, les oiseaux deviennent plus agressifs, les compagnies éclatent, entraînant de nombreux combats entre les coqs. Les couples se forment dès cette période. D’avril à juillet,
en période de reproduction, les couples ont une activité plus continue dans la journée en raison de leur comportement territorial.
Dans les Pyrénées, le cycle annuel de la perdrix peut être divisé en deux périodes principales : la période de reproduction et la période hivernale. La formation des couples s’étale entre janvier et avril ce qui est plus long que pour P. perdix. Le cantonnement des couples est précédé d’une dispersion plus ou moins importante selon les individus. En période hivernale, les perdrix effectuent un déplacement marqué entre zone de reproduction et zone d’hivernage, qui sont pour la plupart du temps contraint par les conditions d’enneigement (le groupe familial est
conservé). La dislocation des groupes hivernaux commence dès décembre et peut s’étaler jusqu’à mars. Les conditions d’enneigement pouvant varier d’une façon importante d’une saison à l’autre, la fidélité au site d’hivernage n’est pas une règle chez P. p. hispaniensis. La taille des domaines vitaux varie de 20 à 3 800 ha en période de reproduction et de 40 à 3 700 ha en période hivernale. Ces écarts traduisent une forte variabilité individuelle dans l’occupation de l’espace.
Monogame et apte à se reproduire au printemps suivant sa naissance, la Perdrix grise manifeste en période de reproduction, un comportement territorial. En milieu agricole, les couverts les plus utilisés pour la nidification sont les céréales, les linéaires (bordures enherbées, talus, bord de haies), les jachères et les cultures fourragères type luzerne. La poule Perdrix grise implante son nid à même le sol, façonnant une légère dépression tapissée de débris végétaux dans laquelle elle pond en moyenne une quinzaine d’oeufs brun olive dont elle assure seule l’incubation dès le dernier oeuf pondu pendant 23-25 jours. En cas de destruction, on peut assister à une deuxième ponte dite de remplacement, voire à une troisième. La taille des pontes successives se réduit progressivement de 15 à 12 puis huit oeufs en moyenne. Durant l’incubation, les mâles restent à proximité des nids. Les poules s’absentent très peu de leur nid. En Europe occidentale, le début de ponte a lieu à la fin avril pour atteindre son maximum dans la première quinzaine de mai.
Les poussins sont nidifuges : quittant leur nid peu après l’éclosion qui est synchrone pour se regrouper en compagnie sous la conduite des deux parents.
Chez P. p. hispaniensis, les dates de reproduction et d’éclosion sont légèrement décalées. Le début de ponte a lieu à la fin avril pour atteindre son maximum dans la première quinzaine de juin.