Les vallées inondables

Certaines vallées de Picardie connaissent de fréquentes inondations en hiver et au printemps. Souvent associées négativement au risque d’inondation, ces vallées inondables accueillent pourtant une faune et une flore particulièrement riches qu’il convient de préserver. Elles jouent un rôle important dans la régulation naturelle des crues.

Du 1er juin au 13 octobre 2013: associations, collectivités et entreprises se... Lire la suite

Vallées inondablesde Picardie

L'alliance féconde des prairies et de l'eau

Des vallées modelées par les crues

Chippilly : vue de la Vallée de la Somme

La Picardie présente de larges vallées assez planes (Somme, Oise, Authie, Epte…), au fond desquelles serpente lentement un cours d’eau. Lors des crues d’hiver et du printemps, les eaux de la rivière sortent du lit mineur pour recouvrir les espaces du lit majeur et ainsi déposer des alluvions. Au fil du temps, les dépôts d’alluvions forment des terrasses alluviales.

Des prairies humides s’y développent, soumises aux immersions d’eau douce pendant une partie de l’année.

Le lit de la rivière et des chenaux se déplacent au gré des crues, entraînant la formation ou la disparition d’îlots entre ceux-ci. Les chenaux déconnectés de la rivière deviennent des bras morts ; des étangs et mares se forment dans les dépressions qui se sont remplies d’eau lors des crues.

La Picardie compte environ 10 - 12 000 ha de prairies inondables. 40 km² sont potentiellement recouverts par les crues dans la vallée de l’Oise, entre La Fère et Noyon.

Des régulateurs naturels

Les secteurs inondables jouent un rôle important en matière de gestion hydraulique, qu’il s’agisse de l’épuration des eaux ou du rechargement des nappes phréatiques. Les vallées inondables contribuent également à la régulation des crues pour les zones situées plus en aval : s’étalant sur de larges surfaces et freinée par la végétation, la crue perd en intensité et en hauteur.

Une grande richesse écologique 

Les vallées inondables sont des milieux naturellement très fertiles, qui privilégient les espèces adaptées aux inondations. Elles révèlent une forte diversité d’écosystèmes : en raison de la topographie, certaines zones restent en eau plus ou moins longtemps que d’autres, ce qui confère à chacune des caractéristiques spécifiques.
Les vallées inondables picardes sont également des axes de migration importants pour les oiseaux comme pour d’autres espèces. Quand les milieux restent interconnectés par les inondations, le réseau de prairies inondables constitue un véritable continuum écologique. Certaines espèces doivent d’ailleurs leur existence à cette interconnexion des milieux liée à l’eau : les bras morts, fossés et zones herbeuses inondées sont indispensables à la reproduction du Brochet.

Des vallées exploitées par l’homme


80908567bPFAxes de mobilité par excellence, les grandes vallées ont très tôt fait l’objet d’aménagements pour accueillir de multiples activités : pêche, pâturage, chasse, extraction de matériaux…

En Picardie, les fonds de vallées ont traditionnellement été dédiés à l’élevage : vaches, moutons, chevaux furent mis à pâturer dans les prés des vallées inondables. La fauche permet d’y récolter un fourrage de grande qualité pour l’hiver. La polyculture s’est également développée sur ces terres fertiles dès le XIXe siècle, comme en attestent aujourd’hui les paysages de peupliers en fond de vallée.

Evolution

Traditionnellement, les vallées picardes étaient réputées pour leurs prairies vertes et humides. Mais l’emprise de ces dernières se réduit, au profit de cultures telles que le maïs. Cette modification des pratiques agricoles impacte les écosystèmes, certaines espèces et habitats souffrant de l’utilisation d’intrants et de l’implantation de monocultures. La moyenne vallée de l’Oise (en amont de Thourotte) possède encore de beaux exemples de prairies. Le pâturage y est conservé, avec un cheptel et des surfaces pâturés stables, voire en hausse sur les dix dernières années. Ces milieux ont par contre été très dégradés dans les vallées de la Marne, de l’Aisne, de la Vesle.

Les prairies pâtissent de la baisse du niveau de la nappe phréatique. De nombreuses prairies sont également menacées par des aménagements urbains : les terrains des lotissements et zones d’activité sont fréquemment conquis sur des milieux naturels et agricoles tels que les prairies.

Les infrastructures (routes, voies ferrées mais aussi canaux) viennent fragmenter le continuum des prairies et perturbent «l’inondabilité» du lit majeur.

pour aller plus loin, vous pouvez consulter la base de données Clic Nat sur la faune et Digitale sur la Flore avec des liens sur ces sites