Les milieux marins

Au large du littoral, la Picardie est bordée par la Manche. Richesses écologiques, exploitation et échanges économiques, loisirs sont autant de facteurs qui font de la Manche un espace qui cristallise des enjeux clés.
Comprendre les spécificités de ce milieu aux eaux salées est essentiel à la préservation des équilibres entre la réponse aux besoins humains et la préservation de la qualité des espaces naturels.

Du 1er juin au 13 octobre 2013: associations, collectivités et entreprises se... Lire la suite

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Caractéristiques et enjeux

L’analyse des milieux marins amène à distinguer :
- la zone soumise au balancement des marées  : zone intertidale. Le fond marin de la zone intertidale, l’estran, a la particularité d’être à l’air libre à marée basse.
- la zone toujours sous les eaux : zone néritique.

Une mer peu profonde soumise à de multiples courants

Avec une profondeur de 64 m au maximum, la Manche est une mer peu profonde, animée par de multiples courants qui influent sur le milieu.

  • La marée connaît en Picardie une amplitude importante pouvant atteindre 9 à 10 m en baie de Somme, engendrant des courants puissants.
  • Les vents génèrent des courants de surface. Venant plutôt de l’ouest, ils peuvent se déchaîner en de redoutables tempêtes. Le spectacle d’une mer démontée et «hachée» est alors saisissant...
  • La Manche est animée d’un courant longeant le littoral, véritable fleuve dans la mer. Les eaux de l’Atlantique s’y engouffrent pour gagner la mer du Nord. Les eaux douces déversées par les fleuves sont ainsi déviées vers le nord d’un mètre par jour. Ce phénomène entraîne les éléments nutritifs mais aussi les polluants des fleuves le long des côtes puis loin en mer.
  • Les fonds marins sont en changement permanent sous l’effet des courants. Ils révèlent un monde étonnant de dunes mobiles, plaines vaso-sableuses, bancs de sable.

Un large estran

En raison d’une topographie assez plate des fonds marins, les marées dessinent un estran dont l’importance contribue à la réputation des paysages des côtes picardes. L’estran accueille des habitats variés où les animaux trouvent des conditions favorables pour tout ou partie de leur cycle de vie.
C’est notamment le cas des bâches (dépressions formées par la combinaison de la houle et de la marée) qui retiennent l’eau à marée basse. Pour les larves et les juvéniles de poissons plats et de crevettes grises, elles sont un refuge à l’abri des poissons prédateurs. À marée basse, l’estran est arpenté par les oiseaux à la recherche de vers, mollusques et crustacés. À marée haute, il est envahi par les poissons. Les vastes estrans favorisent le développement d’activités de loisir aussi diverses que le char à voile, l’équitation, le cerf-volant, la pêche à pied…

Des milieux riches en biodiversité

Les milieux marins s’enrichissent des échanges avec les estuaires et le littoral. Les éléments nutritifs apportés par les fleuves nourrissent mollusques bivalves, crustacés et plancton. La Manche orientale est une zone de ponte riche en frayères et nourriceries.
Les mammifères marins y trouvent leur pitance, qu’il s’agisse des dauphins en haute mer, ou des marsouins et des phoques sur les hauts fonds. Sans oublier que la Manche s’impose comme une route migratoire vers la mer du Nord ou l’Atlantique.

Un milieu à suivre de près

  • La qualité de l’eau au large du littoral picard est considérée comme moyenne. Certes la qualité biologique et chimique va en s’améliorant, mais il reste des marges de progrès.
    80% des pollutions de la mer provenant de la terre, les solutions d’amélioration sont à trouver dans l’ensemble du bassin versant des fleuves. Les rejets d’eaux usées sont principalement à l’origine des pollutions bactériennes. 
    Malgré une baisse significative, les pollutions chimiques d’origine industrielle restent bien réelles, de même que celles issues de l’utilisation de produits phytosanitaires. S’y ajoutent des produits issus du dégazage en mer. 
    Les déchets qui souillent les milieux marins ont des origines tout aussi diverses : navires, apports fluviatiles, dépôts sur les plages, restes des guerres mondiales… Ils peuvent s’accumuler et venir polluer la laisse de mer, tapisser les fonds marins ou rester présents à l’état de particules, causant des dommages aux écosystèmes (toxicité, étouffement d’animaux marins…).
  • L’évaluation de l’évolution des peuplements piscicoles est difficile à réaliser. La pêche professionnelle représente une importante pression sur les espèces, le plus fort impact provenant de la pêche aux chaluts de fond. Aussi les métiers de la pêche doivent-ils s’adapter constamment pour préserver une ressource dont dépend leur activité. Dans ce cadre, mieux connaître les relations entre pêche et milieux marins, et améliorer les pratiques sont des enjeux majeurs. 
    Des pistes d’amélioration se dessinent pour la pêche professionnelle :
    • diminuer les rejets de tous genres.
    • tester les pratiques de pêche innovantes, respectueuses de l’environnement : en particulier, expérimenter les types de filets intégrant des objectifs de gestion des milieux, comme le chalut sélectif.
    • définir des fermetures volontaires de zones de pêche.

pour aller plus loin, vous pouvez consulter la base de données Clic Nat sur la faune et Digitale sur la Flore avec des liens sur ces sites