Les landes

Touches jaunes des genêts et ajoncs, reflets violets ou roses des bruyères et callunes, feuilles rougissantes des myrtilles en automne… les landes offrent une riche palette de couleurs au gré des saisons.
Ces milieux qui ont la particularité de se développer sur des sols sableux pauvres, sont devenus rares. Certains sites de Picardie ont toutefois acquis une forte renommée, à la hauteur de leur intérêt en termes de patrimoine naturel.

Du 1er juin au 13 octobre 2013: associations, collectivités et entreprises se... Lire la suite

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Un milieu qui s'adapte aux terrains pauvres

20110106-153039-47465Comme le laisse entendre le terme «lann» signifiant en langue celtique «terre inculte, découverte et libre», les landes se développent sur les terrains pauvres, acides et sablonneux.
En Picardie, les landes sont peu nombreuses et dispersées, représentant des milieux très isolés situés principalement dans le sud-est du territoire. Les plus importantes se situent dans l’Oise (Valois, forêt d’Ermenonville, Pays de Bray), dans l’Aisne (en Thiérache, dans le Laonnois, dans le Tardenois) et sur d’anciens pouliers du littoral (Somme). Elles sont absentes du plateau crayeux.


Les landes picardes ont la particularité d’être des formations issues du défrichement et de pratiques pastorales. Seules les landes installées sur le littoral ne résultent pas de l’intervention de l’homme.

Une prédominance de landes sèches en Picardie

La majorité des landes sont dites «sèches», installées sur des sols drainants et sableux, parfois très superficiels. On les trouve aussi bien sur du sable que dans les chaos gréseux dont les formations rocheuses dessinent des paysages singuliers. Les landes humides sont situées principalement en Pays de Bray et dans le Vexin, dans des dépressions et fonds de vallées, en bas de versants à faible pente. Le sol humide, acide et pauvre en éléments nutritifs a la particularité d’accumuler de la matière organique.

Une mosaïque en constante évolution

évolution des landesSi le paysage de landes semble immuable, il ne faut pas se fier aux apparences !
Les landes s’insèrent dans une dynamique évolutive entre des milieux ouverts à végétation basse et des milieux boisés. En vieillissant, les landes sèches accumulent de la litière, les graminées et les plages de mousses et de lichens disparaissent. En l’absence d’entretien, les landes sont colonisées par les ligneux et évoluent vers des formations préforestières où s’installent la Bourdaine, les Saules, le Bouleau pubescent et le Pin.

 Des évolutions vers des stades antérieurs peuvent se produire naturellement par l’action de d'animaux comme les Sangliers qui, en dénudant le sol, favorisent le développement des plantes pionnières. Il faut en moyenne 40 ans pour passer d’un stade de végétation basse et clairsemée à un stade de lande à Callune vieillissante.

Cette évolution connaît un rythme variable selon les endroits, d’où la coexistence de milieux à différents stades d’évolution. Cette mosaïque de landes jeunes, évoluées et sénescentes permet à la biodiversité de s’exprimer :
- les secteurs de stades pionniers voient s’épanouir des plantes à vie courte ou survivant par organes souterrains.
- certains secteurs dénudés permettent à des plantes sans fleurs de s’installer (mousses, lichens).
- dans les secteurs de landes sèches vieillissantes, se développent en général des mousses de grande taille.

Un patrimoine exceptionnel

Dans l’inconscient collectif, les landes sont souvent assimilées à des milieux hostiles. Elles hébergent pourtant une grande variété d’espèces végétales et animales, dont certaines doivent leur survie à la préservation de ce milieu ouvert si particulier. La faune et la flore diffèrent fortement, selon le caractère sec ou humide de ces espaces.

  • Calluna-vulgaris---Callune-commune---Peroy-les-Gombries-60---DTLes landes sèches sont caractérisées par des peuplements d’Ericacées denses. La composition de la flore y évolue d’ouest en est, en fonction de la continentalité. Ainsi, en Pays de Bray, en raison de l’influence Atlantique, les landes accueillent l’Ajonc nain et la Bruyère cendrée. Au sud de l’Oise et au sud-ouest de l’Aisne, les landes plus continentales sont dites à Callune et Bruyère cendrée. Encore plus à l’est, les landes sont à Callune et à Genêt poilu.
  • Les landes humides sont dominées par la Callune et la Bruyère quaternée, mêlées à des touffes d’herbes telle la Molinie et à des Sphaignes. Dans les landes les plus humides, les Sphaignes peuvent former des tapis donnant naissance à de la tourbe. On parle alors de landes tourbeuses. 

De nombreux insectes viennent se nourrir du nectar dont regorgent les bruyères et autres arbrisseaux, d’où la présence de nombreux papillons de nuit. Certaines espèces animales apprécient les landes pour s’y reposer ou pour chasser.

Evolution : des milieux qui se sont raréfiés

Pierre-Glissoire Peroy-les-Gombries APLes landes ne représentent plus que de petites surfaces en Picardie, réparties presque également entre l’Oise et l’Aisne, et sont quasiment inexistantes dans la Somme. Leur régression date principalement des années 1950-1960, sous l’effet conjugué de l’abandon des pratiques pastorales, du manque d’entretien, de la plantation de résineux, de leur drainage et mise en culture, de la régression des populations de lapins…
Ayant fréquemment évolué vers des stades pré-forestiers, les landes ne représentent plus aujourd’hui que des surfaces relictuelles, généralement trop éloignées les unes des autres pour constituer un réseau fonctionnel.
Il faut reconnaître que les multiples usages ancestraux de la lande (cueillette, pâturage, chauffage…) ont progressivement disparu. Certaines landes sont actuellement valorisées en lieux de promenades et de découverte. Ainsi, à Péroy-lès-Gombries (Oise), un sentier permet de découvrir la pierre glissoire, la pinède et les landes sèches au coeur du massif du Bois du Roi. De même, la Réserve naturelle des Landes de Versigny (Aisne) intègre un sentier de découverte. En revanche d’autres secteurs de landes en Picardie souffrent de la surfréquentation et de l’accès des véhicules à moteurs.

 

 

pour aller plus loin, vous pouvez consulter la base de données Clic Nat sur la faune et Digitale sur la Flore avec des liens sur ces sites