Les grandes cultures

La campagne picarde est le domaine de prédilection des terres cultivées, en particulier de la grande culture.

Tout l’enjeu de l’agriculture en Picardie est son inscription dans une dynamique de préservation de la qualité paysagère, de variété du vivant et de qualité des milieux, autant de facteurs eux-mêmes nécessaires à l’équilibre du monde rural.

Du 1er juin au 13 octobre 2013: associations, collectivités et entreprises se... Lire la suite

grandes-cultures.jpg

De vastes espaces ouverts, dominés par les activités agricoles

Vastes étendues de champs où le regard n’est arrêté que par quelques rares obstacles (bosquets, clocher, château d’eau…), les paysages de la campagne picarde démontrent combien l’Homme, à travers les grandes cultures, a façonné le territoire.

La Picardie s’impose comme l’une des principales régions «nourricières» de France.

Prédominent les cultures de céréales (55% des surfaces cultivées), de betterave à sucre, de colza, de pomme de terre. Elle affiche des rendements élevés, résultant tant de la richesse des sols limoneux, que du climat, de la topographie et du savoir-faire des agriculteurs. Les prairies ne représentent que 11% des surfaces agricoles et l’élevage correspond à une activité secondaire pour de grandes exploitations céréalières.

Elles regroupent cependant 60% des bovins en Picardie. Seuls quelques rares secteurs de campagne présentent des mosaïques de bocages et de cultures : les milieux littoraux, les bocages de Bray et de la Thiérache...

Biodiversité et agriculture, un savant équilibre à trouver

  • Les champs cultivés sont des espaces où une seule espèce de plante recouvre le sol, semée par l’homme de façon régulière. Les autres plantes, vues comme de «mauvaises herbes», sont souvent éliminées et trouvent refuge en bordure de champs. C’est le cas des plantes messicoles comme le Coquelicot ou le bleuet.
  • Les milieux annexes (talus, bosquets, haies, rideaux…) sont habités par une faune et une flore diversifiées.
  • Certains animaux peuvent causer des dégâts aux cultures en se nourrissant de semis, jeunes pousses ou plantes adultes, mais ont leur place dans l’équilibre de la nature ; d’autres espèces sont au contraire de véritables auxiliaires de cultures en consommant les espèces dites «nuisibles».

L’eau, une ressource chère aux campagnes

Eau et cultures sont étroitement liées. Certes l’irrigation est nécessaire. Mais les drainages et prélèvements dans les nappes phréatiques fragilisent les milieux humides et plus généralement l’équilibre hydrique des campagnes.
L’apport excessif en substances nutritives favorise l’eutrophisation des milieux aquatiques et leur dégradation. La mise en place de bandes enherbées désormais obligatoires le long des cours d’eau permet de limiter l’entraînement des intrants vers les cours d’eau, notamment lors de fortes pluies.

Evolutions

Le développement d’une agriculture d’openfield basée sur les techniques d’assolement triennal est loin d’être un phénomène récent en Picardie : il s’inscrit dans une tradition ancienne de cultures céréalières auxquelles vinrent s’ajouter les oléagineux et prairies artificielles dès la fin du XVIIIe siècle, puis la culture de la betterave au XIXe siècle, ouvrant la voie à de solides filières agricoles. En réponse aux objectifs d’augmentation de la production agricole, le développement d’une agriculture productive a entrainé au XXe siècle une modification des méthodes culturales. La réduction du nombre de cultures, le recours généralisé aux intrants, la «simplification» des paysages et la disparition des milieux semi-naturels entre espaces agricoles ont constitué des perturbations du milieu, avec des effets négatifs tant sur la ressource en eau que sur la biodiversité. L’Outarde canepetière n’a pas résisté à la diminution de la quantité des gros insectes composant sa nourriture.

Sur ces 30 dernières années, plusieurs tendances complètent cette évolution :

  • Réduction de la surface agricole utilisée ;
  • Concentration des exploitations agricoles (et augmentation relative de leur taille) entrainant une «homogénéisation» des paysages de campagne : disparition de haies, bosquets, chemins ruraux, rideaux, bois…
  • Baisse de l’élevage, densification du réseau de transport et urbanisation provoquent une diminution des surfaces agricoles ;
  • Augmentation de la demande d’irrigation sur certains secteurs.

Depuis les années 1980, une prise de conscience collective a amené les différents acteurs du territoire à se mobiliser pour inverser ces tendances.

pour aller plus loin, vous pouvez consulter la base de données Clic Nat sur la faune et Digitale sur la Flore avec des liens sur ces sites