Les falaises et bas-champs

Le littoral picard offre au sud de la baie de Somme, un ensemble paysager en contraste avec les espaces dunaires plus au nord : prolongeant les côtes normandes, de hautes falaises calcaires affrontent la Manche avant de laisser la place à un long cordon de galets en arrière duquel s’étendent les bas-champs. Ces milieux représentent un véritable paradis pour les oiseaux et accueillent une flore bien particulière.

Du 1er juin au 13 octobre 2013: associations, collectivités et entreprises se... Lire la suite

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Falaises, galets et bas-champs : des milieux contrastés

  • Dans la prolongation des côtes normandes, d’abruptes falaises blanches montant jusqu’à 80 mètres de hauteur dessinent la côte picarde jusqu’à Ault-Onival. Au nord d’Onival, les falaises ne sont plus au contact de la Manche : ce sont des falaises mortes. Hautes de 20 à 80 m, les parois des falaises vives situées en façade maritime sont soumises à l’action de la mer, de la pluie, des embruns, du gel et du vent. En s’effritant, la craie libère les silex.
  • Si le calcaire est rapidement dissout, le silex résiste mieux aux éléments : les morceaux de roches sont entrainés par les courants vers le nord et polis les uns contre les autres jusqu’à s’arrondir et former des galets. C’est ainsi que depuis plus de 2000 ans, les galets se sont accumulés en un vaste cordon de 16 km. Encore appelé poulier, ce cordon représente une bande de 100 à 700 m de large, pouvant atteindre 8 m de haut. Par endroits, les crêtes de galets sont séparées par des pannes de sable ou de vase.
  • Les bas-champs : des espaces gagnés sur la mer
    Derrière ce cordon de galets, les sédiments se sont accumulés pour former les bas-champs, vastes étendues planes situées pour partie sous le niveau de la mer. Les bas-champs sont le résultat d’un phénomène naturel doublé d’une artificialisation qui a débuté au XIIe siècle et s’est renforcée au XVIIIe siècle. Au terme de polders, les Picards ont préféré le terme de renclôtures, mais le principe reste le même : comblements et constructions de digues ont soustrait les terres à l’influence de la mer, au profit du pâturage puis des cultures. Ainsi, relié à la mer par une brèche jusqu’en 1752, le Hable d’Ault est ensuite devenu un plan d’eau quasiment fermé mais ce secteur reste soumis au risque d’intrusion marine. L’eau reste très présente : les terres sont ponctuées de roselières et de mares, par des canaux.

Le sud du littoral picard présente une grande variété d’espèces. Cette variété trouve ses origines dans la présence d’un ensemble de milieux complémentaires : milieux minéraux des parois verticales et des amoncellements de galets, roches et sables ; milieux plus ou moins humides des bas-champs où s’épanouit une flore diversifiée, marquée par une tolérance au sel et aux sols pauvres. Ouverts sur la mer, ces espaces jouent un rôle de première importance pour nombres d’oiseaux.

Evolution :

Depuis plus de 200 ans, les actions humaines perturbent le fonctionnement du système d’alimentation naturelle du cordon : la construction de jetées portuaires tend à bloquer le transit naturel des galets depuis les côtes normandes (jetées de Fécamp, St-Valéry-en- Caux, Dieppe, Penly, le Tréport).
90716358PFDe plus, l’extraction de galets a soustrait environ 2,5 millions de m3 de galets. Conséquence directe, l’alimentation du cordon de galets s’est fortement réduite, passant de 20-30 000 m3/an à 2-3000 m3/an. Cela se traduit par une réduction et une fragilisation du cordon, avec un risque croissant de submersion marine des bas-champs. En 1990, 3 000 ha de bas-champs furent inondés. Le cordon, du fait des courants, est toujours entraîné vers le nord, alimenté par les galets venant de la partie sud.
Tous ces milieux sont soumis aux pressions résultant des activités qui s’y développent (exploitation des galets, agriculture, loisirs…). Or, ils représentent des enjeux forts en termes de biodiversité notamment pour la nidification et la migration des certains oiseaux.
L’abandon des pratiques traditionnelles d’élevage impacte le fonctionnement écologique des bas-champs. Or, le nombre d’éleveurs s’est réduit, passant de 249 en 1970 à 26 en 2005, parallèlement à une concentration des élevages en de plus grosses unités. Le maintien de l’élevage basé sur le pâturage conditionne la préservation des prairies, ces dernières jouant un rôle important en faveur de la biodiversité.

pour aller plus loin, vous pouvez consulter la base de données Clic Nat sur la faune et Digitale sur la Flore avec des liens sur ces sites