Les dunes

Espace mouvant sous le double effet des vents et de la mer, un vaste cordon dunaire s’étire entre les estuaires de la Somme et de l’Authie.
Un écosystème fragile et en constante évolution s’est construit sur le sable, principal support minéral.

Du 1er juin au 13 octobre 2013: associations, collectivités et entreprises se... Lire la suite

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Le plus bel ensemble dunaire du nord de la France

Dunes à Fort-MahonLe massif dunaire forme un cordon qui relie les estuaires de la Somme et de l’Authie, entre le Crotoy et Fort-Mahon, sur une étendue de 4 500 ha.

Certaines dunes atteignent 20 à 30 m de haut. Les dunes se succèdent, dessinant des espaces presque vierges, en marge des routes et constructions.

 

  

Les dunes de l’Authie marquent le sud de l’estuaire du même nom ; entre Fort-Mahon et Quend-Plage-les-Pins, les dunes du Royon s’étendent sur 100 ha. Puis, le Marquenterre offre de vastes espaces de dunes pour partie recouvertes par une pinède. La dune de la Pyramide occupe la pointe de Saint-Quentin, au nord de la baie de la Somme. Au sud de la baie de Somme, les dunes de Brighton font rapidement place à un cordon de galets et aux falaises. Plus en arrière, apparaissent d’anciens cordons dunaires morcelés.

Les massifs dunaires sont des dépôts de sable qui s’organisent en cordons parallèles à la côte. À marée basse, le sable est desséché et porté par le vent vers le haut de la plage. Il s’accumule progressivement pour former la dune qui se développe vers l’intérieur des terres. Notons qu’il conviendrait de parler d’un système dunaire à multiples entités :

  • Succédant à la zone recouverte par les marées (l’estran), la dune embryonnaire, peu élevée, est la plus proche de la mer.
  • La dune blanche a la particularité d’être remodelée en permanence, d’où son appellation de «dune vive» : soumise à l’action des vents, elle bouge, gagne de la hauteur ou est réduite. Grâce à son système racinaire profond, l’Oyat (plante caractéristique de ce milieu) peut s’y ancrer. Le cordon dunaire protège l’arrière-pays de la montée des eaux, lors de grandes marées ou de tempêtes.
  • Colonisée par de nombreux végétaux, la dune grise est fixée. Cette zone assez plane accueille notamment la Tortule (Tortula ruraliformis), une mousse qui donne son qualificatif à la dune : elle forme un tapis dense devenant gris quand elle se dessèche ; en présence d’eau, la mousse redevient verte : c’est la reviviscence.
  • En arrière, le milieu sableux (mieux protégé des vents marins), voit se développer des arbustes tels que l’Argousier, puis des arbres. Il s’agit respectivement des dunes à fourrés et des dunes boisées.

De nombreuses pannes, mares où affleure l’eau douce contenue dans les dunes, ponctuent ces espaces.

panne vue du cielCes dépressions humides au coeur des massifs dunaires, peuvent passer inaperçues pour le promeneur, étant souvent embroussaillées, envahies par les ligneux ou asséchées en période estivale.
Pourtant, les pannes contribuent directement à la diversité du vivant. Grâce à la présence d’eau, une flore spécifique s’y installe : Parnassie des marais, Potamot graminé, Mouron délicat, Liparis de Loesel… Elles accueillent des amphibiens comme le Crapaud calamite, la Rainette verte, le Triton crêté…

Des milieux en constante évolution

  • DunesLes facteurs naturels influent sur la progression ou la régression des dunes. Ainsi, le cordon dunaire est sujet à l’embroussaillement, voire au boisement dès la dune grise. Les dunes du Marquenterre sont également colonisées par une espèce exotique envahissante, l’Ailante glanduleux venu d’Asie. Cet arbre, planté initialement pour réduire la mobilité des dunes, s’ajoute au Pin laricio de Corse qui menace le massif dunaire d’enrésinement.
  • Certaines activités humaines sont susceptibles de créer des perturbations quand des composantes du système dunaire sont menacées. C’est le cas de la fréquentation touristique : plusieurs stations balnéaires picardes voient leur population multipliée par 20 en été. Ceci explique que le cordon dunaire se soit dégradé dans certaines zones, sous l’effet direct du piétinement : le sable est mis à nu, aux dépens de la flore et de la faune. L’expansion du tourisme a également entrainé l’aménagement de parkings et de sites de loisirs, parfois au détriment du massif dunaire. Autre pression susceptible de provoquer une régression des dunes : l’urbanisation. Face à cet enjeu, des terrains sont devenus propriété du Conservatoire du littoral. Plus de 750 ha se trouvent ainsi protégés de toute urbanisation : 160 ha dans les dunes d’Authie au nord de Fort-Mahon, près de 100 ha au niveau des dunes du Royon, et plus de 500 ha dans le massif du Marquenterre.

 

pour aller plus loin, vous pouvez consulter la base de données Clic Nat sur la faune et Digitale sur la Flore avec des liens sur ces sites