Les cours d'eau

Rus, ruisseaux, rivières, fleuves, canaux… les cours d’eau jouent la diversité en Picardie et concernent quasiment chaque parcelle du territoire.
Leur qualité, qui résulte de l’état des milieux traversés, influe sur les espèces aquatiques mais aussi plus largement sur la biodiversité de l’ensemble du territoire.

Du 1er juin au 13 octobre 2013: associations, collectivités et entreprises se... Lire la suite

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Rivières et ruisseaux en Picardie

Les départements de Picardie portent le nom du principal cours d’eau qui les traverse : l’Aisne, l’Oise et la Somme. L’Aisne se jette dans l’Oise qui elle-même se jette dans la Seine ; la Somme est un fleuve, au même titre que la Bresle et l’Authie. L’Escaut et la Sambre prennent leur source en Picardie. Au-delà du renom de ces cours d’eau, la Picardie est quadrillée par un important réseau de rivières, ruisseaux et canaux répartis entre deux agences de bassin : Seine-Normandie et Artois-Picardie.

Une diversité de faciès

Ces cours d’eau accueillent des contextes piscicoles différenciés.

  • En amont, la pente et le courant (certes modérés en Picardie) conditionnent la présence d’eaux claires bien oxygénées et de fonds de rivière convenant aux salmonidés (Truite, Saumon…) : 45% des linéaires picards sont concernés par des peuplements salmonicoles.
  • A l’aval, la pente et le courant faibles, les eaux peu oxygénées, les larges lits de rivières sont autant de facteurs qui favorisent des espèces comme le Gardon et le Brochet. Les rivières caractérisées par un courant moyen et des fonds sableux avec des végétaux correspondent à des zones à Brèmes. Ces deux derniers contextes piscicoles se répartissent quasiment à égalité sur une bonne moitié des cours d’eau du territoire.

En Picardie, la diversité des cours d’eau plus ou moins lents, plus ou moins «chauds», plus ou moins oxygénés, plus ou moins larges, offre un large spectre de possibilités pour l’épanouissement de la faune et de la flore. Les rivières sont remarquables à plus d’un titre :
• La Bresle est l’un des rares fleuves, entre la Seine et le Danemark, où migre le Saumon atlantique. S’y développent également des Truites de mer et des Lamproies.
• Dans la vallée des Evoissons, l’association de bois, haies, pelouses calcicoles et rivières apporte une grande richesse.
• Dans la vallée de l’Oise, en amont de Guise dans l’Aisne, la rivière serpente naturellement entre champs et prairies. S’y développent la Loche épineuse et la Bouvière.
• En Thiérache, l’eau tombant sur le massif de Saint-Michel alimente des cours d’eau en tête de bassin versant de l’Oise. Le Ton, le Gland et le Petit Gland ont des fonds graveleux et caillouteux à l’origine de micro-habitats. Les multiples insectes servent de nourriture aux truites, chabots et goujons. On peut également y observer le Cincle plongeur, la Loche épineuse, la Lamproie de Planer, le Vairon et la Mulette épaisse, une moule d’eau douce très rare et menacée à l’échelle nationale...

Des rivières vivantes

RipisylveConsidérer les rivières comme de simples axes d’écoulement serait très réducteur. Ce sont des lieux de vie, des abreuvoirs, des milieux variés soumis à de multiples influences, dans et hors de l’eau. Ainsi, la végétation aquatique joue un rôle important pour l’oxygénation et l’épuration de l’eau : les herbiers sont à la fois un abri, une zone de reproduction et une source alimentaire pour les animaux. De même, la présence de formations végétales sur les berges (ripisylve) influe sur la faune et la flore qui y trouvent refuge.
L’ombre procurée par ces ripisylves diminue la température de l’eau de surface, avec un impact positif sur la qualité de l’eau et les espèces. Ainsi, dans des secteurs où les berges ont été déboisées, les moules d’eau douce (très sensibles au réchauffement) ont disparu. Cela s’est traduit par une réduction de la population de Bouvières, ce poisson ayant besoin de moules
d’eau douce pour se reproduire.
Autre matérialisation de la «vie» des cours, le lit d’une rivière évolue naturellement au fil des crues. Dans la mesure du possible et lorsque la sécurité des personnes et/ou des biens n’est pas en jeu, il est important de laisser la rivière «travailler». Cela implique l’appartition de zones d’érosion, la création de nouveaux embâcles, le dépôt de nouvelles banquettes de sédiments... qui permettront à la rivière de renouveler les substrats et habitats nécessaires à certaines espèces.
Autre matérialisation de la «vie» des cours, le lit d’une rivière évolue naturellement au fil des crues. Dans la mesure du possible et lorsque la sécurité de personnes et/ou de biens n’est pas en jeu, il est important de laisser la rivière «travailler». Cela implique l’appartition de zones d’érosion, la création de nouveaux embâcles, le dépôt de nouvelles banquettes de sédiments... qui permettront à la rivière de renouveler les substrats et habitats nécessaires à certaines espèces.

 

Evolutions

canalisation de la SommeLes rivières picardes ont subi des aménagements successifs, très tôt pour certaines (dès le XIe siècle pour l’Authie), mais aussi récemment. Canalisation des cours d’eau, artificialisation des berges, suppression de ripisylves ont modifié les conditions d’écoulement des eaux et entrainé la perte d’habitats.
Par ailleurs, les nombreux barrages, seuils et moulins qui ponctuent les cours d’eau picards limitent à des degrés divers, la migration des poissons ainsi qu’une dynamique naturelle des sédiments. Enfin, des drainages et pompages affectent les cours d’eau (variations de niveau, fragilisation des berges…), souvent en lien avec la grande culture et la sylviculture.
Les rivières de Picardie ne sont pas épargnées par les espèces invasives qui se développent d’autant plus, pour les espèces végétales, que les berges sont exemptes de végétation : les eaux de la Somme sont touchées par la Jussie, une grande partie des rivières par la Renouée du Japon et par l’écrevisse américaine… Ces espèces concurrencent les espèces locales.

Une qualité à améliorer
Si la qualité de certains cours d’eau de Picardie s’améliore (Authie, Bresle, Thérain, Esches), la majorité reste de qualité moyenne. Trop de secteurs ont une qualité mauvaise à très mauvaise (Somme de Saint-Quentin à Bray, Souche en amont de Sissone, Luce…). La qualité chimique de l’eau résulte des activités sur l’ensemble du bassin versant. Ainsi, une partie des pesticides et engrais se retrouve dans les eaux de rivières en raison du ruissellement, y causant des dommages : dégradation des milieux aquatiques (ou eutrophisation), prolifération de végétaux, impacts négatifs sur certaines espèces animales…
Les départements de l’Aisne, de l’Oise et une partie de la Somme sont ainsi classés en zones vulnérables au titre de la Directive Nitrates. S’ajoutent à ces pressions, les rejets polluants issus des industries, des collectivités et des particuliers : usage d’herbicides, élimination de déchets dans les rivières...

pour aller plus loin, vous pouvez consulter la base de données Clic Nat sur la faune et Digitale sur la Flore avec des liens sur ces sites