Les bois et forêts

Les forêts de Picardie représentent un ensemble naturel exceptionnel tant par la diversité de la faune et de la flore qu’elles abritent, que par leur caractère paysager. Aux grands massifs dont la renommée dépasse la région, s’ajoute une multitude de bois.
Mais cette richesse écologique, économique et culturelle pourrait être fragilisée si une attention n’est pas portée aux facteurs qui conditionnent l’équilibre forestier.

Du 1er juin au 13 octobre 2013: associations, collectivités et entreprises se... Lire la suite

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Du plus grand massif forestier à une mosaïque de boisements50614566 1

Chantilly, Compiègne, Retz, Saint-Gobain, Ermenonville, Halatte… Les noms des grands massifs forestiers résonnent en Picardie avec, pour certains, le prestige associé aux anciennes forêts royales.
L’Aisne et l’Oise comptent un ensemble exceptionnel de 60 000 ha de forêts domaniales, formant grâce à de multiples boisements intercalés le plus grand continuum forestier au nord de Paris : près de 120 km entre Laon et l’île-de-France.
Dans la Somme, la forêt de Crécy atteint 4 000 ha.
Sans compter avec une multitude de petits bois parsemant la campagne.

L’arbre ne doit pas cacher l’écosystème forestier

sous-boisLes forêts sont des milieux complexes organisés en strates de différentes hauteurs :
- strate arborée constituée d’arbres adultes
- strate arbustive
- strate herbacée (fougères, plantes à fleurs…)
- strate muscinée intégrant les mousses des sous-bois.

Cette structuration de l’espace est à l’origine d’une grande diversité d’habitats.
Le sol est riche : la décomposition des feuilles et du bois mort est la source de tout un réseau spécifique alimentant bactéries, champignons, vers, insectes, araignées… D’importantes relations s’établissent entre ces strates de la forêt, mais aussi entre les boisements et les autres milieux : les forêts intègrent des mares, des pelouses et des landes.
Chaque milieu abrite une faune et une flore profitant de la complémentarité entre milieux. Par exemple :
- les milieux ouverts attirent de nombreux insectes et oiseaux.
- les milieux humides offrent des conditions de vie adaptées aux amphibiens.

Les forêts, acteurs clefs des cycles naturels

Les forêts picardes participent aux grands équilibres naturels. Citons :

  • la régulation du taux de CO2 dans l’atmosphère : les arbres y puisent du carbone qu’ils stockent ensuite dans leurs troncs, et rejettent de l’oxygène.
  • la filtration des polluants : pour leur croissance, les arbres et les autres plantes puisent l’eau du sol, et une partie des minéraux qui s’y trouvent.
  • la stabilisation des sols : les arbres, par leurs racines, limitent l’érosion des sols.
  • l’accueil d’un grand nombre d’espèces.

Une évolution contrastée

Les défrichements ont eu lieu de manière soutenue sur une longue période depuis l’Antiquité. Ils ont conféré une vocation agricole majeure à la Picardie, d’où une fragmentation et une réduction de la surface des forêts. Un contraste important existe entre la conservation des grands ensembles issus des forêts royales et l’évolution des bois privés.

Depuis plusieurs décennies, la Picardie connaît une phase de progression des surfaces de boisements. Cette évolution peut s’analyser comme un retour aux caractéristiques forestières anciennes du territoire. Mais il faut s’interroger sur les modes d’occupation du sol plus récents qui en pâtissent : il s’agit généralement d’anciens terrains agricoles, mais aussi de prairies, de landes et de pelouses dont la richesse écologique est fortement liée aux pratiques telles que le pastoralisme. La réduction de ces milieux naturels au profit des espaces boisés est donc préoccupante.
Très exploitées avant 1950, notamment du fait des conflits armés, les forêts le furent bien moins durant la seconde moitié du XXe siècle. De nos jours, la sylviculture est sollicitée pour répondre à de nouveaux besoins. Un certain nombre de partenaires engagés dans le Grenelle de l’Environnement ont jugé opportun de relever le défi d’une augmentation de la production des forêts publiques pour favoriser les matériaux et énergies renouvelables, tout en visant la préservation de la biodiversité (réseaux de bois morts, diversité des essences).
Concilier ces objectifs n’est pas facile… Des solutions restent à inventer, avec une évaluation des résultats, pour une transition énergétique en douceur.

Zoom sur les forêts alluviales

81019367PFIl n’existe plus beaucoup de forêts alluviales. Certains secteurs de la forêt d’Ourscamps (contiguë à celles de Compiègne et Laigue) ainsi que des forêts de Thiérache en bordure de cours d’eau, en constituent des exemples remarquables.
Les forêts alluviales (appelées ainsi car elles occupent des sols de nature alluvionnaire) ont la particularité d’être inondées lors de crues annuelles qui apportent semences et éléments nutritifs, ce qui favorise la présence d’une multiplicité d’espèces.
Elles se caractérisent par des essences d’arbres ayant une affinité avec l’eau (l’Aulne, le Frêne commun, l’Orme lisse) et par une riche flore herbacée. Elles abritent une faune spécifique. Le rôle de ces forêts est également reconnu pour la régulation des crues et donc pour leur importance dans la gestion des secteurs à l’aval.

Attention !
L’exploitation et le déboisement brutal sur de grandes surfaces sont dommageables pour les milieux forestiers : ils perturbent la faune et peuvent entrainer des remontées de nappes. 

Des mesures conservatoires ont été engagées sur certains secteurs (projet de création d’une réserve biologique en forêt de Saint-Michel dans l’Aisne). Des travaux d’entretien peuvent également être envisagés pour restaurer la qualité des milieux (comme en vallée de l’Oise).

pour aller plus loin, vous pouvez consulter la base de données Clic Nat sur la faune et Digitale sur la Flore avec des liens sur ces sites