La nature en ville

La nature ne s’arrête pas aux portes des villes et villages. Ces espaces bâtis sont en interaction avec les espaces naturels par les cours d’eau, les espaces verts, les jardins, les arbres plantés, les mares...
Les enjeux sont autant sociaux que paysagers et écologiques.

Du 1er juin au 13 octobre 2013: associations, collectivités et entreprises se... Lire la suite

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Réconcilier ville et nature

La Picardie compte 2 292 communes dont  93 % ont moins de 2 000 habitants, formant un semis de villages. 100604600PF-CMJNLes plus grandes villes restent de taille limitée :
- Amiens Métropole représente 180 000 habitants ;
- Beauvais, Saint-Quentin, Compiègne et Creil dépassent 70 000 habitants ;
- Soissons, Chantilly, Laon, Abbeville, Tergnier et Château-Thierry sont entre 20 000 et 50 000 habitants.

Héritages du passé et identité des villes picardes

Dès l’époque romaine, les villages se sont développés en Picardie le long des axes de communication, d’où une prédominance de villages linéaires ou en croix. Dans le cas plus rare d’un habitat en étoile, les rues convergent vers une place souvent occupée par une mare ou des arbres.
L’un des motifs identitaires de la Picardie rurale est la présence d’alignements d’arbres et de bandes enherbées entre le bâti et la voie centrale : les usoirs. La présence de talus plantés ou engazonnés caractérise les villages qui se sont développés sur les pentes des vallées, tant pour structurer les espaces que pour maintenir le sol. Les jardins picards sont traditionnellement plutôt disposés à l’arrière d’un continuum bâti.

L’exposition des villages aux vents dominants a autrefois favorisé l’instauration de ceintures vertes composées de haies, vergers, bosquets… Un chemin périphérique délimité par des haies facilitait la circulation du bétail. Les courtils s’étendaient à l’arrière des maisons et fermes, intégrant une basse-cour, un potager et un verger où le bétail pouvait pâturer.
Une grande variété de parcs et jardins marque l’héritage de l’histoire : espaces créés par les abbayes dès le Moyen Âge, parcs de châteaux… A partir du XIXe siècle, les villes ont accueilli des jardins d’acclimatation valorisant les plantes exotiques, des jardins publics et des jardins ouvriers.

Des espaces s’adaptant aux besoins actuels

Les milieux naturels en ville ont perdu leurs usages premiers (production alimentaire des potagers, protection du vent par les haies, mares servant d’abreuvoir…) au profit d’objectifs de structuration urbaine et paysagère, d’ornementation et surtout de loisirs.
Plusieurs villes picardes offrent de vastes zones humides en leur sein, comme en attestent certains exemples :
- situés au coeur de la ville de Saint-Quentin, les marais d’Isle sont à la fois un site d’agrément et une étape migratoire pour certains oiseaux ;
- à Abbeville, la Bouvaque (marais où les habitants faisaient autrefois paître leurs bovins) est devenue un parc aménagé pour flâner et observer la faune et la flore.

Des milieux participant aux réseaux écologiques

Passant souvent inaperçus, des « morceaux de nature »  jouent un rôle de support de la biodiversité : mares de villages, arbres isolés ou alignés, terrains en friche, vieux murs recouverts de lierre... Les milieux urbains ont leur rôle à jouer dans la préservation d’espaces interconnectés, favorisant le déplacement d’animaux et la propagation de végétaux.
- Les alignements d’arbres urbains sont des corridors pour certaines espèces d’oiseaux, les chauves-souris, les écureuils…
- Les mares sont des lieux de vie indispensables aux batraciens.
- Les rivières représentent des «voies bleues» traversantes.
A contrario, quand le développement urbain se traduit par une artificialisation des espaces à grande échelle, il en résulte une dangereuse fragmentation des espaces naturels.

Restauration d'une mare Prairie à Amiens

 

Evolutions et pressions

  • Des ceintures vertes devenues rares

Dès la première guerre mondiale, les tours de ville végétalisés ont souvent été détruits, ne subsistant plus aujourd’hui que de façon très partielle. Les changements de pratiques agricoles et l’exode rural ont favorisé la disparition des courtils qui persistent désormais essentiellement dans le Ponthieu. Les vergers ont été abandonnés et les prairies retournées pour servir à la culture. Beaucoup de ces terrains sont utilisés pour les projets d’extension urbaine.

  • Des sources de pollution diffuse

Les parcs et jardins à but ornemental subissent souvent une gestion «lourde» : tonte rase et régulière, emploi de quantités importantes de pesticides et engrais. Non seulement les espaces ainsi exploités ne sont pas favorables à la biodiversité, mais ils contribuent aux pollutions diffuses de la ressource en eau. Ce phénomène est accentué par les ruissellements des eaux pluviales sur les zones perméables.

  • Des foyers d’invasions biologiques

Les parcs ornementaux et le jardinage de loisir ont multiplié les sources à partir desquelles plantes et animaux exotiques se répandent dans les milieux naturels. Ainsi, la Berce du Caucase introduite au XIXe siècle dans les jardins botaniques puis chez les particuliers, est devenue envahissante dans les années 1970.

 

 

pour aller plus loin, vous pouvez consulter la base de données Clic Nat sur la faune et Digitale sur la Flore avec des liens sur ces sites